03 janvier 2008

Restaurant Las Chonas

C'est l'un de mes restaurants préférés à Durango. Pour le cadre et la nourriture.

De toute évidence, je ne suis pas le seul à l'apprécier: il faut souvent faire la queue pour y entrer.

Le cadre, d'abord: c'est une maison coloniale située dans le cendre historique (le "Calvario" dont je parlerai dans un autre message).

Pour la petite anécdote, les propriétaires du restaurant aiment beaucoup l'Europe et y vont souvent. Et la déco, comme vous pouvez le voir.

La cuisine est excellente et abondante. D'avis de Français mais aussi de Mexicains. Voici par exemple un assortiment avec notamment sope (en bas) et tostada (en haut). 

Pour ma part, j'ai pris récemment des "chiles en nogada" (ci-dessous). Un vrai délice. Ce sont des piments farcis (viande, raisins secs, amandes) et recouverts d'une crème décorée de morceaux de grenade. Le fait qu'ils représentent les couleurs du drapeau mexicain est volontaire et historique. 

Ma petite astuce pour ne pas "enchilarme" (c'est à dire ne pas m'enflammer la bouche): j'enlève une partie du piment (cette fois, c'était la moitié). Et si ça pique, je mange du riz. :-) Et si ça pique encore, des tortillas.

30 décembre 2007

Place du quatrième centenaire

Dans la série visite de Durango, voici la place "Cuarto centenario". Notez les nuages, chose assez rare dans le ciel de Durango. Qui reste d'un bleu limpide (l'altitude de 3000m aidant).

Pourquoi le quatrième centenaire? Parce que Durango a fêté ses 400 ans.

Donnant sur la place, le "palacio federal":

24 décembre 2007

Crouitch la voiture

Puisque je n'ai pas de garage où la mettre, ma voiture dort dans la rue. Ce matin, coup de frayeur: un camion l'écrasait.

Oui, ça fait peur. C'est le camion du livreur d'eau, de Ciel, une marque d'eau en bouteille de Coca Cola. Il est monté avec son mastodonte dans cette petite impasse et a mal visé. Approchons-nous:

Mon assureur arrive et évalue les dégâts à 2300 Pesos (150 Euros). Car heureusement ce n'est pas trop grave. Le livreur m'explique que son camion n'est pas assuré et qu'il va y être de sa poche. Car d'après ses dires Ciel fait payer ses employés en cas d'accident responsable. Et 2300 Pesos, ça peut être le salaire d'un mois pour un ouvrier ici.

En fait, il s'agit juste de quelques rayures (sur du plastique, pas du métal, coup de chance) et un rétroviseur légèrement déformé:

Comme je n'ai pas envie que ce pauvre livreur mange des pâtes durant trois mois avec toute sa famille pour me payer un rétroviseur neuf, nous convenons de ne pas engager de poursuites. Et je vais me farcir le nettoyage des rayures.

Ca fait un peu mal au coeur, la voiture n'a que deux ans et s'en était tirée sans égratignures jusqu'ici, mais on ne peut pas avoir une voiture qui couche dehors et la vouloir neuve toute sa vie...

20 décembre 2007

Piñata ou histoire d'une tradition gourmande

Noël approchant, c'est l'époque des piñatas. Mais qu'est-ce donc exactement?

Une image valant mieux que mille mots:

Piñata en action

On suspend donc un gros bonhomme en carton mâché. Il est creux et a été rempli de bonbons. Les enfants prennent un bâton et, chacun son tour, frappent dessus de toutes leurs forces pendant que les autres chantent une chansonnette.

Le but est de casser la piñata. Par voie de conséquence, les bonbons se répandent sur le sol, et c'est la cohue car chaque enfant veut bien sûr récupérer son lot de bonbons.

Pour rendre le tout plus difficile, la piñata bouge (on fait bouger les extrémités de la corde qui la suspend) d'autant plus que l'enfant qui tient le bâton est agile. Pour corser encore l'exercice, on peut bander les yeux de l'enfant qui tient le bâton; par contre ça devient un poil plus dangereux...

Piñata et petit garçon

Et puis bien sûr, les grands aussi ont le droit de taper sur la piñata et récupérer les bonbons.

Si j'ai bien tout compris, la piñata représente les sept pêchés capitaux, que l'on chasse en la détruisant. D'ailleurs, la piñata en forme de bonhomme est un dérivé moderne: la piñata traditionnelle est une boule ornée de sept cornes. Qui ressemble plutôt à une mine sous-marine, d'ailleurs.

On voit fleurir les piñatas partout, et sur l'une des places de Durango un joli spectacle a été recréé: à côté de l'arbre de noël immense gisent quelques piñatas avec des bonbons énormes répandus autour.

Pour vous faire une idée, la piñata de la photo fait probablement 6 mètres de hauteur.

21 février 2007

Par ici la monnaie

J'ai quitté temporairement ma base mexicaine pour passer une semaine à Houston. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si la douane mexicaine n'en avait pas profité pour m'extirper 230 Pesos. Explications.

A l'arrivée au Mexique, chaque touriste remplit un formulaire pour lui permettre un séjour touristique de 90 jours. L'agent de la douane lui remet un récepissé: un petit bout de carton blanc. Le touriste est censé remettre ce bout de carton en sortant du pays. Cela fait un bon bout de temps que je transite entre la Mexique et la France, mais on ne m'a quasiment jamais demandé ce papier lors de ma sortie du pays (une seule fois, en fait).

Seulement, cette fois, la douane (oui, vous avez bien, lu, il faut passer la douane mexicaine pour sortir du Mexique!) me l'a demandé et je ne l'avais pas car je l'avais perdu. Ils m'ont donc demandé de payer la "taxe touristique" de 20 dollars US (soit dit en passant, pourquoi mettre un prix en monnaie étrangère?). En fait, cette taxe est payée par tout touriste qui arrive au Mexique: c'est la compagnie aérienne qui la paye (et donc moi dans mon billet). Il s'agit d'une relative nouveauté qui a environ un an.

J'avais donc déjà payé cette taxe touristique en arrivant au Mexique en décembre, ce que j'ai expliqué à l'agent de la douane. Rien à faire, il voulait le bout de papier. Je lui ai suggéré de vérifier dans son fichier que j'avais bien payé en arrivant. Rien à faire. D'habitude, les Mexicains sont plutôt cools, mais là c'était du dur. Je lui ai demandé comment j'aurais pu entrer au Mexique sans payer la taxe. Il a fini par admettre que j'avais dû payer la taxe, mais que ce n'est pas sa faute, le pauvre, ses ordres sont de faire payer tout touriste qui ne présenterait pas le fameux morceau de carton.

L'agent de la douane m'a dit que finalement, 20 dollars ce n'est pas très cher. 5 jours de travail au salaire minimum mexicain tout de même, lui ai-je fait remarquer. J'ai donc payé entre mon entrée et ma sortie 10 jours de salaire minimum.

Je vous conseille donc de conserver ce petit bout de carton dans votre passeport pour pouvoir le remettre à votre sortie du pays. J'avais pris l'habitude de le garder en permanence sur moi pour justifier de mon séjour au cas où, mais je m'en garderai bien à l'avenir car c'est comme ça que je l'ai perdu.

Pour résumer, j'aurai payé 3x20 USD: une fois en arrivant au Mexique, une autre fois en le quittant pour une semaine, et une troisième fois en y revenant à la fin de ma semaine aux USA. Sympa.

Ce que je n'ai pas apprécié, c'est que

  • personne ne m'a prévenu de cela en me remettant ce papier (aucun document, pas un mot du douanier à l'arrivée, rien);
  • les douaniers ne prennent pas la peine de vérifier si la taxe a déjà été payée; ils ont même ordre de ne pas le faire: on se sent vraiment comme une vache à lait;
  • si je quitte le pays, je ne devrais rien lui devoir; si je n'ai pas mon titre de séjour, tout au plus la douane peut-elle m'expulser, c'est à dire ne rien faire;
  • la France ne fait pas cela aux touristes Mexicains; pourquoi le font-ils aux Français?

En fin de compte, le Mexique se tire lui-même dans les pattes. Pour pomper l'argent d'un touriste, on le soigne, on lui offre plein d'opportunités de dépenser son argent et, surtout, on lui donne envie de revenir. En procédant de la sorte, je crois qu'ils vont plutôt décourager des touristes de revenir. En tout cas, ils me laissent un goût très amer dans la bouche.

03 février 2007

La maison de l'avocatier

Casa del aguacate Durango C'est une superbe maison de la ville de Durango, qui après un passé de luxe a été transformée en musée sur l'état de Durango. Nous y sommes allés hier. Elle est située très près du centre, dans un quartier qui a de toute évidence été un quartier chic.

On y trouve toutes sortes de pièces intéressantes sur l'histoire et la préhistoire de l'état de Durango. Son vrai nom est compliqué, mais tout le monde l'appelle la "casa del aguacate", parce que son jardin extérieur possède justement un avocatier.

Escalier intérieur de la casa del aguacate Première surprise en entrant: on se sent un peu à Paris. Et pour cause, la mode de la haute société à l'époque de sa construction (sous Maximilien) consistait notamment à faire comme à Paris.

On y trouve notamment un oeil-de-boeuf ramené de toutes pièces de Paris, et un escalier double style Empire.

Oeil de boeuf et peintures de maître de la casa del aguacate

En traversant les âges, elle a reçu des attributs de style européen d'époque: elle a par exemple aussi une surprenante verrière style art-nouveau.

Verrière style art-nouveau de la casa del aguacate

Elle vaut le détour rien que pour son style, et en bonus on découvre toutes les collections du musée: histoire de Pancho Villa, faune et flore de la région, histoire, objets et modes de vie de diverses civilisations indigènes présentes et passées...

Comme le reste, le prix d'entrée n'est pas abusif: 5 Pesos, ça donne envie d'y venir quand on passe devant.

Pour finir, une petite photo de la pièce dédiée aux indiens Tepehuanes, qui conservent toujours leurs traditions pacifiques malgré la modernisation environnante:

Objets de la culture tepehuana

31 janvier 2007

Vite fait, fait

J'en parlais récemment: j'ai commandé des cartes de visite. Eh bien elles m'ont été remises au jour prévu, avec le sourire. Elles sont un peu bâclées, mais vu ce que j'ai payé je ne vais pas me plaindre.

Pas de RFC, pas de facture mon cher monsieur

On a parfois besoin d'une facture. Pour se faire rembourser une dépense de santé par la mutuelle française, ou déduire en France les dépenses effectuées pour le compte d'une entreprise française, par exemple.

Mais cela fait plusieurs fois que des commerces refusent de me fournir une facture si je ne présente pas un numéro de RFC (l'équivalent du numéro SIRET en France). Or si je n'ai pas d'entreprise au Mexique, je n'ai pas de RFC. J'en parle ici au cas où d'autres étrangers seraient dans le même cas que moi.

Fatigué de me voir refuser des factures qu'il me faut pourtant, j'ai contacté l'administration fiscale mexicaine. Soit dit en passant, la SAT offre un service de dialogue en direct en ligne, qui fournit des informations très exactes et de manière très professionnelle.

Bref, le résultat des courses est le suivant: toutes les entreprises mexicaines enregistrées au RFC ont obligation de fournir une facture à quiconque la demande, RFC ou non. Si une entreprise refuse de fournir une facture, on peut la dénoncer pour évasion fiscale auprès de l'administration locale (à utiliser avec modération, bien sûr).

Pour les détails: l'obligation d'émettre une facture si elle est demandée figure dans les articles 29 et 29-A du Codigo Fiscal de la Federacion. Ce qui a pu semer le doute chez les commerçants est une loi d'avril 2006 (2.4.12, 2.4.13 et la 2.4.14) qui obligeait les entreprises à demander un justificatif de RFC (sauf pour les étrangers et autres cas stipulés au 2.4.14); elle a été abrogée le 3 août 2006.